De l’instrument médical victorien à l’outil d’empuissancement spirituel d’aujourd’hui
D’abord, la honte
On a honte du vibromasseur. On le cache. On l’achète en ligne pour ne pas croiser le regard du vendeur. On le range dans un tiroir, sous les vêtements. On ne parle pas de lui.
On a oublié qu’il a une histoire.
Une histoire longue. Une histoire sacrée. Une histoire de libération.
Une revanche.
Avant d’être un objet de honte,
le vibromasseur a été un instrument médical.
Avant d’être caché, il a été utilisé par des médecins.
Avant d’être un jouet, il a été un outil de soin.
C’est l’histoire de sa rédemption.
De la honte à la fierté.
Du médical au spirituel.
De l’outil de contrôle à l’outil de libération.
L’hystérie : la maladie qui n’existait pas
Au 19ème siècle, on diagnostiquait chez les femmes une maladie appelée “hystérie”. Les symptômes : anxiété, irritabilité, insomnie, perte d’appétit, “tendance à faire des scènes”. Bref, tout ce qui n’allait pas dans le comportement des femmes qu’on ne pouvait pas contrôler.

Le traitement ?
Le massage pelvien. Par un médecin. Jusqu’à ce que la femme atteigne “la paroxysme” – ce qu’on appelle aujourd’hui un orgasme.
Des centaines de femmes venaient consulter.
Des heures de massage. Des doigts qui se fatiguaient. Des médecins qui avaient mal aux mains.

La solution ?
Un instrument. Un appareil qui vibrait. Qui ne se fatiguait pas. Qui pouvait masser des heures.
Le vibromasseur est né.
Instrument médical. Outil de soin. Machine à guérir l’hystérie.
Ce qu’on ne disait pas

Ce qu’on ne disait pas,
C’est que ces femmes n’étaient pas malades.
Elles étaient juste des femmes.
Avec du désir.
Avec du besoin de plaisir.
Avec des corps qui demandaient à être touchés.
Mais à l’époque, on ne pouvait pas le dire.
Le plaisir féminin était tabou.
Le désir féminin était honteux.
La sexualité féminine était une maladie.
Alors on a inventé l’hystérie.
Pour pouvoir toucher les femmes sans dire que c’était du plaisir.
Pour pouvoir les masser sans dire que c’était sexuel.
Pour pouvoir les soigner sans dire qu’elles n’étaient pas malades.
Le vibromasseur était un cache-sexe.
Un masque.
Un mensonge.
Le glissement : du médical au domestique
Au début du 20ème siècle, le vibromasseur est sorti des cabinets médicaux. Il est entré dans les foyers. Vendu comme appareil de massage, de beauté, de bien-être.
Les publicités disaient :

“Pour la santé des femmes.”
“Pour le bien-être de toute la famille.”
“Pour soulager les tensions.”
Mais on savait.
Les femmes savaient.
Elles achetaient ces appareils pour autre chose que masser leurs épaules.
Et les hommes ont eu peur.
Peur que leurs femmes n’aient plus besoin d’eux.
Peur que le plaisir s’échappe.
Peur que le contrôle se perde.
Le vibromasseur est devenu obscène.
On l’a caché.
On l’a interdit.
On l’a honte.
La censure et la honte

Dans les années 1920-1930, les vibromasseurs ont disparu des catalogues. Ils sont devenus des objets honteux. Vendus sous le manteau. Cachés dans des tiroirs. Utilisés dans le secret.
L’industrie du cinéma a fait le reste.
Dans les films, le vibromasseur est un gag. Un objet ridicule. Un truc de femme seule. Un substitut triste.
La honte s’est installée.
La honte d’acheter.
La honte d’utiliser.
La honte de vouloir.
La honte de jouir.
Les femmes ont recommencé à se cacher.
À faire vite.
À ne pas dire.
À avoir honte.
La revanche : le vibromasseur comme outil de libération

Dans les années 1960-1970, avec la libération sexuelle,
le vibromasseur est revenu.
Pas officiellement. Mais dans les mouvements féministes.
On a commencé à dire : “Notre corps nous appartient.”
“Notre plaisir nous appartient.”
“On n’a pas besoin d’être malades pour avoir du plaisir.”
Dans les années 1990,
les premiers sex shops ont ouvert.
Les vibromasseurs étaient là. En vitrine. Assumés.
Dans les années 2000,
on a commencé à en parler. Dans les magazines. Dans les émissions. Entre copines.
Aujourd’hui,
le vibromasseur est un objet ordinaire.
On l’achète en ligne. On le montre à ses amies. On l’utilise seule ou à deux.
Il n’est plus honteux.
Mais il reste sacré.
Le vibromasseur aujourd’hui : outil spirituel

Aujourd’hui, le vibromasseur n’est plus seulement un objet de plaisir.
C’est un outil de guérison.
Un outil de connaissance de soi.
Un outil de libération.
Un outil spirituel.
Il guérit :
Les blocages du bassin.
Les mémoires enfermées.
Les honte intériorisées.
Les plaisirs coupés.
Il connecte :
À son corps.
À son désir.
À sa joie.
À son sacré.
Il libère :
Ce qui était coincé.
Ce qui était tu.
Ce qui était honteux.
Ce qui était enfermé.
C’est une revanche.
Sur des siècles de contrôle.
Sur des siècles de honte.
Sur des siècles de silence.
De l’instrument médical à l’outil spirituel
Le vibromasseur a commencé comme instrument de contrôle.
Un outil pour soigner des femmes qu’on disait malades.
Un outil pour leur donner du plaisir sans le dire.
Un outil qui dépendait du médecin, du mari, de l’autorité.
Il est devenu outil de libération.
Un outil que les femmes s’approprient.
Un outil qu’elles utilisent seules.
Un outil qu’elles choisissent.
Un outil qui ne demande pas la permission.
Il est devenu outil spirituel.
Un outil pour se reconnecter à son corps.
Un outil pour guérir ses blessures.
Un outil pour éveiller son énergie.
Un outil pour célébrer le sacré.
C’est une revanche sacrée.
Sur l’hystérie.
Sur la honte.
Sur le contrôle.
Sur le silence.
Témoignage
Une femme raconte :

“Quand j’ai appris l’histoire du vibromasseur, j’ai pleuré. Toutes ces femmes qu’on a dites hystériques. Toutes ces femmes qu’on a touchées sans leur dire pourquoi. Toutes ces femmes qu’on a fait honte.
Mon vibro n’est pas un jouet. C’est un héritage. Un héritage de celles qui ont ouvert la voie. Un héritage de celles qui ont osé.
Quand je l’utilise, je pense à elles. Je leur dis merci. Je leur dis que leur combat n’a pas été vain.
Mon vibro est un outil de libération. Une revanche. Une prière.”
Pour finir

Le vibromasseur a une histoire.
Une histoire de honte.
Une histoire de contrôle.
Une histoire de libération.
Des cabinets médicaux victoriens
aux chambres des femmes d’aujourd’hui.
Des mains fatiguées des médecins
aux mains fières des femmes.
De l’hystérie
à la spiritualité.
C’est une revanche sacrée.
Sur ceux qui disaient que le plaisir féminin était une maladie.
Sur ceux qui disaient que le corps des femmes ne leur appartenait pas.
Sur ceux qui disaient que le désir féminin devait être contrôlé.
Aujourd’hui, le vibromasseur est libre.
Et les femmes avec lui.
Alors, la prochaine fois que tu prends ton vibro,
pense à celles qui sont venues avant.
À celles qui ont ouvert la voie.
À celles qui ont osé.
À celles qui ont libéré le chemin.
Ton vibro n’est pas un jouet.
C’est un héritage.
Une revanche.
Un outil sacré.
Amen. AOM. Et que la revanche soit douce.

Ah ben voilà, enfin un article qui dit la vérité ! Ma pauvre fille, si mes grands-mères voyaient ça… Elles planquaient leur ‘petit remède’ sous le matelas, entre le roman-photo et le rosaire. Et moi qui croyais que c’était juste pour les douleurs au dos !
Oh la coquine, Angèle ! Mais elle a raison, l’article. J’ai lu que les médecins victoriens s’en servaient pour ‘soigner l’hystérie’… Autrement dit, calmer les femmes qui osaient avoir des envies. Mon mari, quand il me voit râler, il me propose une aspirine. Il est loin le progrès médical !
Entre nous, j’ai acheté le mien sur Internet, et j’ai paniqué toute la semaine en guettant le facteur. Je l’ai déballé dans la salle de bain, verrouillée, comme si je cachais un trésor volé. Et maintenant, on me dit que c’est un outil ‘spirituel’ ? Alors là, je veux bien l’adresse du prêtre qui bénit ça !
Ma pauvre fille, spirituel ou pas, moi j’appelle ça un ‘réveille-matin’ ! Mon mari est sourd comme un pot, mais avec cet engin, je lui fais comprendre qu’il est l’heure de la prière… ou d’autre chose. Blague à part, cet article me fait réaliser qu’on a trop honte de notre plaisir. On en parle entre nous, et c’est déjà un miracle.
Ce que je retiens, c’est que nos mères cachaient leur vibro comme on cache un péché, alors qu’avant, c’était un outil de docteur ! Moi, le mien, je l’ai rangé dans la boîte à chaussures, sous les bottines d’hiver. Si mon fils tombe dessus, je lui dirai que c’est un masseur pour la nuque. Et il me croira, il est naïf comme son père.
Oh, Rosalie, t’es pas la seule ! Moi, je l’ai planqué derrière les bocaux de confiture. Mais après avoir lu ça, j’ai envie de le sortir, de le poser sur la table basse et de dire : ‘Voilà, c’est mon héritage victorien, mesdames !’ L’article dit que c’est une rédemption. Alors, si on le célébrait avec un bon café ?
Vous me faites rire, mais j’ai une question sérieuse : si c’est si sacré, pourquoi on a encore peur d’en parler ? Moi, j’ai osé en glisser un mot à ma sœur, elle a rougi comme une tomate. Pourtant, l’article explique bien que c’est passé de la honte à la fierté. Alors, les filles, on lève notre vibro vers le ciel ? Ou on attend le concile ?