La Libido comme Énergie Vitale. Comment considérer le désir sexuel non pas comme une pulsion à contrôler, mais comme une force créatrice (Kundalini, Chi).

La Libido comme Énergie Vitale. Comment considérer le désir sexuel non pas comme une pulsion à contrôler, mais comme une force créatrice (Kundalini, Chi).

La libido…Ce mot qu’on utilise pour parler de “j’ai envie, j’ai pas envie”. Comme si c’était un interrupteur. Marche/arrête. Chaud/froid.

Mais si c’était autre chose ? Si cette énergie qui monte dans le bas-ventre, qui fait battre le cœur plus vite, qui rend les mains moites et l’esprit confus… si c’était pas juste “l’envie de baiser” ? Si c’était la même force qui fait pousser les plantes, qui traverse les artistes en création, qui soulève les montagnes ?


La Libido comme Énergie Vitale

Quand le désir sexuel devient force créatrice

Ou comment arrêter de gérer sa libido comme un robinet à ouvrir/fermer


D’abord, une histoire qui m’a ouvert les yeux

(Je tourne une page)

Y a dix ans, je suis dans un atelier sur la kundalini. Un trupe, avec des gens sérieux, des coussins de méditation, tout le bordel.

Le gars qui anime, un Indien d’une soixantaine d’années, il nous fait faire un exercice. On doit s’asseoir, fermer les yeux, et “sentir l’énergie qui monte”. Moi, je sens rien. Je m’ennuie. Je pense à ce que je vais manger ce soir.

À la fin, je vais le voir. Je lui dis : “Désolé, j’ai rien senti.”

Il me regarde, il sourit, il dit : “Tu as une érection ce matin en te réveillant ?”

Je rougis. Je dis “ben oui, tous les matins, c’est normal”.

Il dit : “Cette énergie, c’est elle. Tu l’appelles érection. Nous, on l’appelle kundalini. C’est la même. Juste, toi tu la laisses redescendre. Nous, on apprend à la faire monter.”

Putain.

Toutes ces années à considérer mon érection matinale comme un truc mécanique, un réflexe, un truc dont on parle pas. Et lui, il me dit que c’est la force de vie. La même qui fait tourner les galaxies.

Ça m’a retourné.


Ce que les traditions disent (et qu’on a oublié)

(Je sors mes fiches)

En Inde, la kundalini :

On la représente comme un serpent endormi à la base de la colonne vertébrale. Quand elle s’éveille, elle monte à travers les chakras. Et sur son passage, elle transforme tout. Elle peut donner des visions, des extases, des états modifiés de conscience.

En Chine, le chi :

L’énergie vitale qui circule dans les méridiens. Le sexe, c’est une des portes par lesquelles elle entre et sort. Trop de pertes sexuelles, disent les taoïstes, et tu épuises ton chi. Pas assez, et tu le bloques.

En Grèce ancienne, le pneuma :

Le souffle. L’énergie qui anime tout. Les stoïciens disaient que le désir sexuel, c’est du pneuma qui cherche à s’exprimer. Pas à réprimer. À transformer.

Dans la kabbale, le yesod :

La neuvième sephirah, celle qui est juste au-dessus du sexe. C’est le fondement. L’énergie sexuelle, c’est la fondation de tout le reste. Sans elle, l’édifice spirituel s’effondre.

Partout, la même idée : le désir sexuel, c’est pas une pulsion à contrôler. C’est une énergie à TRANSFORMER.


Le problème de l’approche “robinet”

(Je repose mes fiches)

Notre culture, elle a fait quoi ?

Elle a dit : la libido, c’est un robinet. Soit tu l’ouvres (tu baises), soit tu le fermes (tu te retiens). C’est binaire. C’est simple. C’est faux.

Résultat :

  • Si t’as pas envie, t’es frigide/impuissant
  • Si t’as trop envie, t’es obsédé/déviant
  • Si tu te retiens, t’es frustré
  • Si tu cèdes, t’es coupable

On a transformé la force la plus créatrice de l’univers en problème à gérer.

Imagine si on traitait l’électricité comme ça :

  • Soit tu branches tout, tu fais sauter les plombs
  • Soit tu branches rien, tu vis dans le noir

Alors qu’en fait, l’électricité, ça se transforme. Ça s’intensifie. Ça se dirige. Ça s’utilise pour éclairer, chauffer, faire tourner des machines, envoyer des messages.

La libido, c’est pareil.


Ce que j’ai testé (et qui a tout changé)

(Je prends une respiration)

Y a quelques années, j’ai commencé à expérimenter avec cette idée. Au lieu de considérer mon désir comme “j’ai envie donc je vais me masturber ou trouver quelqu’un”, j’ai commencé à le considérer comme une énergie.

Première étape : observer sans agir.

Quand l’envie montait, je m’asseyais. Je fermais les yeux. Je sentais où c’était dans le corps. Chaud ? Froid ? Vibrant ? Lourd ? Où exactement ? Est-ce que ça bouge ?

Surprise : souvent, c’était pas “dans le sexe”. C’était dans le ventre, dans le cœur, dans la gorge. Le sexe, c’était juste l’endroit où ça finissait par se concentrer si je faisais rien.

Deuxième étape : laisser monter.

Au lieu de laisser l’énergie redescendre vers le sexe (ce qu’on fait naturellement), j’essayais de l’accompagner vers le haut. En respirant. En imaginant qu’elle montait le long de la colonne.

Au début, ça marchait pas. C’était comme vouloir faire remonter de l’eau dans un tuyau. Puis, avec le temps, j’ai commencé à sentir des trucs. Des picotements dans la poitrine. Une chaleur dans les mains. Une clarté dans la tête.

Troisième étape : utiliser.

Un soir où j’avais une énergie énorme, impossible à ignorer, j’ai pris un pinceau. J’ai peint pendant deux heures sans m’arrêter. N’importe quoi. Des formes, des couleurs. À la fin, j’étais vidé. Mais pas comme après une masturbation. Vidé mais PLEIN. Comme si j’avais accouché de quelque chose.

Depuis, je fais attention.

Je me demande pas “est-ce que j’ai envie de sexe ?”. Je me demande “quelle est la qualité de mon énergie aujourd’hui ?”. Et selon la réponse, je choisis quoi en faire.


Kundalini et vibromasseur : le duo qui tue

(Je marque un temps, je souris)

Là où ça devient intéressant pour ce blog, c’est quand on ajoute les outils.

Parce que la kundalini, c’est joli en théorie. Mais concrètement, comment on la fait monter si on a jamais rien senti ?

Le vibromasseur peut être un outil d’éveil.

Pas pour “jouir vite fait”. Pour RÉVEILLER l’énergie.

J’ai testé un protocole simple :

  1. Je m’installe, je respire, je me calme
  2. Je prends un vibro (wand de préférence, parce que c’est large)
  3. Je le pose sur le périnée (entre le sexe et l’anus)
  4. Je mets une vibration douce, pas forte
  5. Je respire en imaginant que l’énergie monte le long de la colonne

Au début, ça fait rien. Puis au bout de quelques minutes, tu commences à sentir des picotements ailleurs. Dans les jambes. Dans le dos. Dans les épaules.

Une amie qui fait du travail énergétique m’a dit :

“Le vibro, c’est un réveilleur. Il secoue l’énergie là où elle est endormie. Mais après, c’est à toi de la guider. Si tu la laisses faire, elle redescend direct vers le sexe. Si tu l’accompagnes, elle peut monter haut.”

Elle m’a montré des exercices. Des respirations. Des mouvements. Et effectivement, avec le temps, j’ai commencé à sentir des choses que j’avais jamais senties.

La dernière fois, j’ai testé avec un cristal.

Un petit œuf en quartz, pas vibrant, juste posé. Et j’ai senti l’énergie monter toute seule. Comme si le corps avait appris le chemin.


Les trois portes de la libido

J’ai fini par voir la libido comme ayant trois portes. Trois façons de sortir.

Porte 1 : L’orgasme classique.

L’énergie monte, elle se concentre, elle explose. Ça dure quelques secondes, c’est intense, et après c’est fini. Vidage. Décharge. C’est la porte la plus utilisée, la plus simple, la plus rapide.

Porte 2 : L’orgasme prolongé.

L’énergie monte, mais on ne la laisse pas exploser. On la maintient. On la fait durer. On la fait circuler. Ça peut durer des heures. C’est ce que cherchent les pratiques tantriques. Pas facile, mais quand ça marche, c’est autre chose.

Porte 3 : La transmutation.

L’énergie ne sort pas par le sexe. Elle monte. Elle va dans le cœur, dans la tête, dans les mains. Elle devient créativité, amour, inspiration, vision. C’est ce que font les artistes, les mystiques, les guérisseurs. Sans le savoir parfois.

Le truc, c’est qu’on peut choisir.

On peut pas toujours. Parfois le corps a besoin de décharger, point. Mais parfois, on peut choisir.

Et le choix, c’est la liberté.


Témoignage : “J’ai arrêté de me demander si j’avais envie”

(Je retrouve le message, il est long, je prends l’essentiel)

Un lecteur, Marc, 52 ans, m’a écrit y a quelques mois.

Il raconte :

“J’ai passé ma vie à gérer ma libido. Trop jeune, trop, pas assez. À me demander si j’étais normal. À me comparer. À me sentir nul quand j’avais pas envie, et coupable quand j’avais trop envie.

Puis j’ai lu un truc sur l’énergie vitale. J’ai commencé à observer. À ne pas juger.

Maintenant, quand l’énergie monte, je me demande pas ‘est-ce que je vais baiser ?’. Je me demande ‘qu’est-ce que cette énergie veut devenir aujourd’hui ?’.

Parfois, elle veut devenir du sexe. Je l’écoute.
Parfois, elle veut devenir de l’écriture. Je prends mon carnet.
Parfois, elle veut devenir du sport. Je cours.
Parfois, elle veut juste être sentie. Je m’assois et je respire.

Ma vie a changé. Pas parce que j’ai plus de sexe. Parce que j’ai plus de VIE.”


Comment commencer (protocole simple)

(Je note rapidement)

Si tu veux explorer cette idée, voilà comment commencer.

1. Observe sans juger

Pendant une semaine, quand le désir monte, ne fais rien tout de suite. Observe. Où dans le corps ? Quelle qualité ? Chaud, froid, vibrant, lourd ? Est-ce que ça bouge ?

2. Respire dans la zone

Quand tu sens l’énergie, pose ta main là où elle est. Respire dans cette main. Imagine que ton souffle va directement à cet endroit.

3. Accompagne vers le haut

En inspirant, imagine que l’énergie monte le long de la colonne. En expirant, qu’elle s’installe dans le cœur ou la tête. Fais ça 5-10 minutes.

4. Utilise un outil si besoin

Si l’énergie est bloquée ou que tu sens rien, un vibro sur le périnée ou le bas-ventre peut réveiller. Doucement. Pas pour jouir. Pour éveiller.

5. Crée quelque chose

Après, prends un carnet, un pinceau, un instrument. Laisse l’énergie s’exprimer sans contrôle. Voir ce qui sort.


Attention : c’est pas une performance

(Je repose mon stylo)

Dernier truc.

Ce que je raconte, c’est pas pour devenir “meilleur” que les autres. C’est pas pour atteindre des états supers supérieurs. C’est pas pour “réussir sa spiritualité”.

C’est juste une autre façon de voir.

Parfois, l’énergie veut juste jouir et c’est tout. Parfait.
Parfois, elle veut autre chose. Parfait aussi.

L’important, c’est de choisir. Pas de subir.

La libido comme énergie vitale, c’est pas une technique. C’est une attitude.

C’est arrêter de considérer son désir comme un problème à résoudre, et commencer à le considérer comme une force à accueillir.


Pour finir

(Je regarde par la fenêtre, le jour commence à baisser)

La prochaine fois que tu sens monter cette chaleur, cette vibration, cette envie… arrête-toi une seconde.

Demande-toi pas “comment je vais la satisfaire ?”.
Demande-toi “qu’est-ce qu’elle veut devenir ?”.

Et écoute.

Parce que la réponse, elle est déjà là. Juste, on l’entend pas, avec tout le bruit qu’on fait autour du sexe.


Amen. AOM. Et que ton énergie trouve son chemin.

4 Comments

  1. Sœur Bernadette

    Ah là là, ‘la même force qui fait pousser les plantes’… Ma pauvre fille, moi mon basilic il pousse très bien sans que j’aie les mains moites ! Par contre quand je parle à mes tomates, là oui, j’ai le cœur qui bat plus vite. C’est ça la libido ?

  2. Sœur Marie-Thérèse

    Si c’est la même énergie que pour les plantes, expliquez-moi pourquoi mon ficus est mort ? J’avais pourtant des envies très très fortes qu’il reste en vie. Non, je rigole, mais franchement… comparer le désir à la sève, c’est poétique mais ça risque de faire drôle au prochain arrosage !

  3. Sœur Amandine

    Moi ce qui m’intrigue, c’est le ‘bas-ventre’. Parce que quand je fais de la pâtisserie, l’énergie elle monte plutôt au niveau des bras. Et des hanches, accessoirement, quand je pétris la pâte. Vous croyez que je pétrissais mal jusqu’à présent ?

  4. Sœur Philomène

    Force créatrice… J’ai créé trois confitures, un tricot et une bénédiction cette semaine. Si c’est ça la libido, je suis une vraie bête de somme ! Mais entre nous, je préfère encore que ça fasse pousser les plantes que de me donner des mains moites avant le bréviaire. On a déjà assez de choses à essuyer dans cette maison !

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