L’Ordre des Bénédictines : Bénir son Sex-toy – Rituel simple pour consacrer son outil de plaisir

L’Ordre des Bénédictines : Bénir son Sex-toy – Rituel simple pour consacrer son outil de plaisir


Parce qu’un objet qu’on bénit devient un allié

D’abord, pourquoi bénir un sextoy ?

(Je pose mon stylo, je réfléchis deux secondes)

Question légitime. C’est juste un bout de silicone ou de verre, non ? Pourquoi lui faire tout un cinéma ?

Parce que les objets ne sont jamais “juste” des objets.

Ton grand-père avait un couteau qu’il utilisait tous les jours. Il l’a légué à ton père, qui l’a rangé dans un tiroir. Pour toi maintenant, c’est pas un couteau. C’est un héritage. Un truc chargé.

Les objets captent nos intentions. Nos émotions. Notre énergie.

Alors ton sextoy, tu veux qu’il capte quoi ? La honte de l’achat en cachette ? La précipitation du “vite fait avant que les enfants rentrent” ? Ou tu veux qu’il soit chargé de sacré, d’intention, de présence ?

Bénir un objet, c’est lui dire : “Tu comptes. T’es pas anonyme. T’es à moi, et je te respecte.”

Et un objet respecté, il te respecte en retour.


Les quatre étapes (comme les quatre éléments, presque)

(Je sors la page que j’avais préparée)

J’ai structuré ça en quatre temps. Pas par hasard. Chaque étape correspond à quelque chose :

  1. Purification (eau ou fumée) → enlever les énergies anciennes
  2. Onction (huile) → marquer, oindre, consacrer
  3. Bénédiction (parole) → dire l’intention, la rendre réelle
  4. Installation (autel) → donner une place, reconnaître

On y va.


1. La Purification : nettoyer avant de consacrer

(Je me lève, je mime presque les gestes en parlant)

Avant de bénir, faut laver. Pas parce que l’objet est sale. Parce qu’il a traversé des mains, des entrepôts, des transports. Il a pris des énergies qui sont pas les tiennes.

À l’eau :

Simple. Tu passes ton sextoy sous l’eau. Pas besoin de truc compliqué. De l’eau claire, fraîche. Tu le tiens, tu le regardes, tu dis (dans ta tête ou à voix haute) :

“Je te lave de tout ce qui n’est pas toi. Je te rends à ta nature profonde.”

Tu l’essuies avec un linge propre. Un tissu que t’as choisi, pas la serviette de bain de toute la famille.

À la fumée :

Si t’as de l’encens, de la sauge, du palo santo. Tu passes l’objet dans la fumée. Lentement. Tu le tournes. Tu regardes la fumée l’envelopper.

“Je te purifie par le feu et l’air. Je te libère de ce qui n’est pas toi.”

Astuce : si ton sextoy est électronique (étanche ou pas), vérifie avant. Un vibro dans l’eau, ça peut mal finir. Dans ce cas, fumée seulement. Ou alors, si t’as pas de fumée, tu peux utiliser le son (clochette, bol tibétain, ta propre voix qui chante). Le son, ça nettoie aussi.


2. L’Onction : marquer le corps de l’objet

(Je reprends mon carnet)

L’onction, c’est old school. Dans la Bible, on oignait les rois, les prêtres, les objets sacrés. Avec de l’huile. Pour dire : “celui-ci/celle-ci est mis à part”.

Ce qu’il te faut :

Une huile végétale (amande douce, jojoba, ce que t’as). Si tu veux, tu peux y mettre une goutte d’huile essentielle. Mais attention : pas d’huile essentielle pure sur les sextoys en silicone (ça peut abîmer). Donc soit tu dilues beaucoup, soit tu utilises une huile sans HE, soit tu fais l’onction symbolique sans toucher le silicone (tu mets l’huile sur tes doigts et tu passes les doigts au-dessus sans contact).

Le geste :

Tu prends une goutte d’huile sur ton doigt. Tu traces un petit signe sur l’objet. Une croix, un cercle, un point, ce que tu veux. Et tu dis :

“Je te marque comme mien/mienne. Je te consacre au service de mon plaisir sacré.”

Si ton sextoy est en verre ou en métal, tu peux mettre l’huile directement. Si c’est du silicone, fais le geste au-dessus, ou sur une partie non silicone (le bouton, par exemple).


3. La Bénédiction : dire l’intention

(Je marque un temps)

Là, c’est le cœur du rituel.

Tu prends l’objet dans tes mains. Tu le regardes. Tu sens son poids, sa texture, sa présence. Et tu parles.

Pas besoin de formule magique. Tes propres mots, c’est ce qui marche le mieux.

Mais si tu veux un exemple, je te file ceux que j’utilise ou que des gens m’ont partagés :

“Je te bénis, outil de plaisir. Que chaque vibration que tu portes me rappelle que mon corps est sacré. Que chaque fois que je te prends en main, je me souvienne que je mérite la joie. Sois mon allié, pas mon cache-misère. Sois mon compagnon de route vers plus de vie.”

Ou plus simple :

“Au nom de ce qui est bon en moi, je te bénis. Puisses-tu m’apporter du plaisir sans jamais me couper de moi-même. Puisses-tu être un pont entre mon corps et mon âme.”

Ou carrément minimaliste :

“Merci d’être là. Fais bien ton travail.”

L’important, c’est que ça vienne de toi. Pas de moi. Pas d’un livre. De TOI.


4. L’Installation : une place pour l’objet

(Je regarde autour de moi)

Dernière étape. Tu donnes une place à ton objet. Pas dans le tiroir avec les piles usagées et les vieilles factures. Une place à LUI.

Un petit autel, ça peut être :

  • Un coin de ta table de nuit
  • Une étagère pas trop haute
  • Une petite boîte jolie
  • Un tissu spécial que tu déplies quand tu t’en sers

Ce que tu peux mettre avec :

  • Un cristal (quartz rose, améthyste, selon)
  • Une plume
  • Une bougie (éteinte, pour la sécurité)
  • Une image qui te fait du bien
  • Un mot écrit pour toi-même

Tu poses l’objet. Tu le regardes une dernière fois. Tu dis (ou pas) :

“Voilà ta place. Je te retrouverai quand le moment sera venu.”

Et c’est fini.


Témoignage : la première fois que j’ai béni un sextoy

(Je retrouve mes notes)

Une amie, appelons-la Sophie, m’a raconté son expérience y a deux ans.

Elle venait d’acheter un wand. Un truc puissant, un peu intimidant. Elle l’avait sorti du carton, mis à charger, et puis elle s’était sentie bizarre. Comme si elle avait un éléphant dans la pièce.

Elle a cherché sur Internet “comment bénir un sextoy” (et c’est là qu’elle est tombée sur une première version de ce texte, d’ailleurs). Elle a suivi les étapes.

Elle me dit :

“Le moment le plus fort, c’est quand j’ai parlé. Je lui ai dit : ‘Je te bénis parce que j’ai eu honte trop longtemps. Je te bénis parce que je veux apprendre à aimer mon corps. Je te bénis parce que j’en ai marre de faire semblant que le plaisir n’existe pas.’

Et là, j’ai pleuré. Pas de tristesse. De soulagement. Comme si l’objet, en recevant ma bénédiction, me renvoyait une permission que je m’étais jamais donnée.”

Maintenant, elle fait ça pour chaque nouvel achat. Elle dit que ça change tout. Que les objets, après, sont pas pareils. Qu’ils ont une âme, presque.


Et si on oublie ? Et si on fait mal ?

(Je repose mon carnet)

T’inquiète.

Y a pas de mauvaise façon de faire. Y a pas de péché. Y a pas d’erreur.

Si tu oublies une étape, c’est pas grave.
Si tu mélanges l’ordre, c’est pas grave.
Si tu te sens ridicule et que tu rigoles au milieu, c’est même mieux.

Le sacré, ça aime l’humour. Les dieux, ils doivent en avoir marre des têtes trop sérieuses.

Alors si tu veux bénir ton sextoy, fais-le. À ta façon. Avec tes mots. Avec ton cœur.

Et si tu veux pas, ben fais pas. C’est pas une obligation. C’est une proposition.


Un petit bonus : bénir à deux

(Je rajoute une page)

Si t’es en couple, vous pouvez faire ça ensemble.

Chacun bénit son propre objet, ou vous bénissez ceux que vous utilisez à deux.

Ça peut donner :

  • Vous purifiez les objets ensemble (fumée ou eau)
  • Vous vous oignez mutuellement les mains avant de toucher les objets
  • Vous dites chacun votre bénédiction à voix haute, l’un après l’autre
  • Vous installez les objets côte à côte sur un petit autel commun

Une amie m’a dit :

“La première fois qu’on a fait ça avec mon mari, on a pleuré tous les deux. On s’est rendu compte qu’on avait jamais parlé de nos sextoys comme de vrais objets importants. Que c’était toujours un peu gênant, un peu ‘t’as vu celui que j’ai acheté ?’ sans plus. Là, on leur a donné une place. Et du coup, on s’est donné une place à nous aussi.”


Pour finir

(Je regarde l’heure, je me rends compte que j’ai parlé longtemps)

Alors voilà, Cherchant. Un rituel simple en quatre étapes pour ceux qui veulent donner du sens à leurs outils de plaisir.

Purifier. Oindre. Bénir. Installer.

Après, ton sextoy est plus un sextoy. C’est un allié. Un compagnon. Un objet chargé de ton intention.

Et quand tu t’en sers, c’est pas juste “pour jouir”. C’est pour rencontrer ce que t’as mis dedans.

5 Comments

  1. Sœur Marie-Thérèse

    Mais vous avez vu ça ?! Bénir son… son truc ? Ma pauvre fille, à mon époque on se contentait de l’eau bénite pour les processions, pas pour ce genre de ‘procession’ ! Je pose mon scapulaire et je ris, hein, mais je ris jaune !

  2. Sœur Bertille

    Oh la coquine ! Elle dit qu’elle pose son stylo pour réfléchir… Elle l’a reposé où, le stylo, après ? Plus sérieusement, l’histoire du couteau du grand-père, je la connais : chez nous, c’était un chapelet. Mais comparer un chapelet à un sextoy, y a comme un os, non ?

  3. Sœur Cunégonde

    Un ‘outil de plaisir’ qu’elle appelle ça. Moi, mon outil de plaisir, c’est mon sécateur à rosiers. Et je peux vous dire que même béni, il coupe toujours aussi mal les tiges. J’attends le verdict sur la version silicone, ça doit être plus souple.

  4. Sœur Angèle

    C’est pas tant l’objet qui me chiffonne, c’est le rituel. Si je bénis mon batteur à œufs, il va faire des meringues plus fermes ? Parce que si oui, je signe tout de suite. Mais pour le coup, faut pas confondre le divin et le… battre en neige.

  5. Sœur Philomène

    Oh, je la trouve presque touchante, la sœur auteur. Elle dit ‘parce que les objets ne sont jamais juste des objets’. C’est vrai. Prenez ma crosse de prieure : si je la bénis trop, elle va me faire des miracles ou juste me servir à taper sur le dos des novices qui rigolent ?

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