La Levrette : Position “Bestiale” ou Acte Cosmique ?

La Levrette : Position “Bestiale” ou Acte Cosmique ?

Quand la terre s’incline vers le ciel pour recevoir la graine divine.

D’abord, le paradoxe

La levrette.

Dans l’imaginaire collectif, c’est la position animale. Celle qu’on chuchote, qu’on montre dans les films X, qu’on associe à la “baise sans sentiments”. La position du corps-à-corps brut, primitif, presque bestial.

Et pourtant.

Si on regarde avec les yeux du moine (ceux qui voient le sacré partout), cette position raconte une tout autre histoire.

Une histoire de ciel et de terre.
Une histoire d’inclinaison et de réception.
Une histoire de création divine.


La géométrie sacrée de la levrette

(Je trace des formes dans l’air)

Position classique :

  • La femme à quatre pattes, le buste incliné vers l’avant, le bassin relevé
  • L’homme derrière, droit ou légèrement penché, qui la pénètre

Ce que ça dessine :

La femme, c’est la TERRE.
Son corps s’incline. Elle offre son bassin. Elle se fait réceptacle. Elle est l’élément féminin, le yin, la matrice qui attend.

L’homme, c’est le CIEL.
Derrière elle, parfois droit comme un i, parfois penché vers elle. Il est l’élément masculin, le yang, celui qui donne, qui ensemence.

Et dans cette configuration, que se passe-t-il ?

La terre s’incline vers le ciel.
Elle lui offre son point le plus bas, le plus ouvert, le plus réceptif.
Et le ciel, de sa hauteur, déverse sa graine.

C’est la prière cosmique incarnée.


La demande et l’offrande

(Je marque un temps)

Regarde la posture de la femme dans la levrette.

Elle n’est pas allongée, passive.
Elle n’est pas sur le dos, offerte mais horizontale.
Elle est À GENOUX, le buste incliné, le bassin relevé.

C’est une posture d’invocation.

Dans presque toutes les traditions, quand on veut demander quelque chose au divin, on s’incline. On se prosterne. On met son front contre terre et on élève son bassin.

La femme en levrette fait exactement ça.

Son front est vers la terre (l’humilité).
Son bassin est vers le ciel (l’offrande).
Elle dit, sans mots, avec son corps :

“Je m’incline devant toi, ciel. Je t’offre ce que j’ai de plus sacré, mon ventre, ma matrice, mon pouvoir de créer la vie. Ensemence-moi.”

Et l’homme, le ciel, répond à cette invocation.

Il n’est pas là pour “prendre”. Il est là pour RÉPONDRE à l’appel de la terre. Pour déverser ce qu’il a de plus précieux, sa semence, dans le réceptacle qui s’offre à lui.

La levrette, c’est la terre qui demande et le ciel qui répond.
C’est le “oui” cosmique à la création.


Pourquoi “à coup sûr” ?

(Je tourne une page)

Tu dis : “permet à coup sûr de faire un enfant”.

Pourquoi cette efficacité ?

1. La gravité aide

Dans cette position, la semence est déposée directement au fond, et la gravité travaille POUR, pas contre. C’est la position la plus efficace physiologiquement pour la conception.

2. La profondeur maximise

La pénétration est plus profonde, la semence est déposée au plus près du col, au plus près de l’ovule qui attend.

3. Mais il y a plus que la biologie

Dans la logique symbolique, quand la terre s’incline ainsi, quand elle FAIT LA DEMANDE aussi clairement, le ciel ne peut pas refuser. C’est une loi cosmique.

La levrette, c’est la position du “oui” inévitable.

La terre dit : “je veux”.
Le ciel dit : “je donne”.
Et la vie surgit.


Ce que les traditions en disent

(Je fouille dans ma mémoire)

Dans le Taoïsme :

Certaines positions sont recommandées spécifiquement pour la conception. La levrette (sous d’autres noms) est souvent citée parce qu’elle permet à l’homme de “planter profondément sa graine dans le champ fertile”.

Dans l’hindouisme :

Le Kama Sutra la décrit, bien sûr. Mais au-delà de la technique, il y a l’idée que certaines positions connectent différemment les énergies. La levrette, avec la femme inclinée, ouvre le chakra racine d’une manière particulière, le rendant plus réceptif.

Dans les traditions africaines :

Certaines danses de fertilité imitent cette posture. La femme s’incline, offre son bassin à la terre et au ciel, invoque les forces de la vie.

Dans le christianisme (de façon cachée) :

On ne parle pas de ces choses. Mais regarde les représentations de l’Annonciation. Marie est souvent inclinée, réceptive, disant “qu’il me soit fait selon ta parole”. C’est la même posture d’accueil. La même ouverture à la graine divine.


La levrette comme acte sacré

(Je prends une respiration)

Alors, est-ce que tous ceux qui pratiquent la levrette pensent à tout ça ?

Bien sûr que non.

Mais le corps, lui, il sait.

Il sait que dans cette position, il fait quelque chose d’ancien. De primordial. De cosmique.

La femme sent son bassin s’ouvrir différemment. Elle sent qu’elle offre quelque chose. Qu’elle est vulnérable et puissante à la fois.

L’homme sent qu’il répond à un appel. Qu’il n’est pas en train de “prendre”, mais de “donner”. Qu’il est le canal par lequel quelque chose de plus grand que lui peut passer.

Et quand ils le font en pleine conscience, avec cette intention ?

Là, ça devient vraiment sacré.


Témoignage (reconstitué)

(Je retrouve une histoire qui traîne)

Un couple, après des années d’essais pour avoir un enfant, sans succès. Ils ont tout essayé : médecine, positions, calendriers.

Un jour, la femme dit à son mari : “et si on arrêtait de faire pour faire ? Et si on faisait comme une offrande ?”

Ils se mettent en levrette. Mais cette fois, elle s’incline vraiment, consciemment. Elle visualise la terre qui s’ouvre au ciel. Lui se tient droit derrière elle, visualisant la lumière qui descend.

Neuf mois plus tard, leur premier enfant naissait.

Coïncidence ? Peut-être.
Mais eux, ils savent que ce soir-là, quelque chose de différent s’est passé.


Ce que ça change pour notre regard

(Je regarde par la fenêtre)

La levrette, c’est pas la position des “animaux”.

C’est la position de l’invocation.

Celle où la terre, dans sa sagesse, s’incline devant le ciel et dit : “je suis prête”.
Celle où le ciel, dans sa générosité, répond : “je viens”.

C’est la danse cosmique de la création.
Pas bestiale.
Divine.


Pour finir

(Je referme mon carnet)

Alors voilà, Cherchant.

La prochaine fois que quelqu’un ricanera en parlant de levrette, tu pourras lui dire :

“Tu sais que cette position, c’est la terre qui s’incline vers le ciel pour demander la graine divine ?”

Il te regardera bizarrement.
Mais peut-être que dans un coin de sa tête, quelque chose s’ouvrira.

Parce que c’est vrai.
Ça a toujours été vrai.
On avait juste oublié.

12 Comments

  1. Sœur Bertille

    Oh la coquine ! Encore un titre qui m’a piégée. J’ai cru à un article sur les nouvelles races de chiens. Ma pauvre fille, je suis encore tombée dans le panneau !

  2. Sœur Cunégonde

    Bertille, ma pauvre, à ton âge tu devrais savoir que quand y a marqué ‘bestial’ dans un titre, c’est rarement pour parler du toutou du voisin !

  3. Sœur Camembert

    Ah ben ça alors ! La levrette, position ‘bestiale’ ou ‘cosmique’ ? Ma pauvre fille, moi qui pensais que c’était juste une bonne manière de ne pas écraser mon bidon ! Mais l’article dit que c’est pour recevoir la ‘graine divine’… Mon mari, quand il est derrière, il crie pas ‘Ô Divin Créateur’, il crie ‘Ouh là, mon dos !’ J’ai dû louper un épisode.

  4. Sœur Angèle

    Attendez, j’essaie de suivre… La terre qui s’incline vers le ciel pour recevoir la graine divine ? Mais c’est moi qui dois me pencher ou c’est lui qui doit s’abaisser ? Parce que mon lumbago, il dit non d’avance.

  5. Sœur Léontine

    Oh la coquine, Camembert ! Moi, ce qui me fait rire, c’est ‘la géométrie sacrée’. Parce que mon cher mari, la dernière fois qu’on a essayé la position ‘cosmique’, il a glissé sur la moquette, il s’est cogné l’orteil contre le lit et il a juré comme un charretier. Je t’assure, y’avait rien de sacré, à part peut-être le nom de Dieu invoqué à tort et à travers !

  6. Sœur Gertrude

    Léontine, j’pleure de rire. Mais pour être honnête, l’article soulève un truc. On a toujours honte de dire qu’on aime cette position, parce qu’on l’associe à la ‘baise sans sentiments’. Moi, je la préfère, justement parce que je peux fermer les yeux et me concentrer sur les sensations sans avoir à faire des ‘jolis visages’. Bestiale ? Peut-être. Mais efficace, oui. Et puis, si c’est cosmique en plus, je signe où ?

  7. Sœur Clotilde

    Moi ce qui m’intrigue, c’est le ‘regarder avec les yeux du moine’. J’imagine frère Jean-Eudes avec sa bure en train de nous donner des conseils de position… ‘Et maintenant, courbez l’échine avec révérence, ma sœur !’

  8. Sœur Paulette

    Gertrude, t’as tout compris. Moi, j’ai une anecdote. La première fois que mon deuxième mari m’a demandé la levrette, j’ai cru qu’il me prenait pour une truie. J’ai mis trois ans à accepter. Et quand j’ai enfin osé, je me suis dit ‘mais pourquoi j’ai attendu ?’ C’est vrai qu’on voit le sol, les poussières sous le lit, les chaussettes qui traînent – c’est moins poétique que ‘l’inclinaison vers le ciel’, mais ça libère d’un poids, non ?

  9. Sœur Honorine

    Les filles, vous êtes formidables. Moi, je retiens une chose : la levrette, c’est comme tout, c’est l’intention qui compte. Si c’est pour se sentir dominée et humiliée, non merci. Si c’est pour se sentir reliée, offerte, et même un peu coquine – pourquoi pas ? Mon mari m’appelle sa ‘petite divinité à quatre pattes’ et franchement, ça me fait rire. Alors oui, faisons de la levrette un acte cosmique, mais n’oublions pas de vérifier qu’il n’y a pas de chaussettes sous le lit. Parce que même les déesses, elles ont le droit à un sol propre.

  10. Sœur Célestine

    Paulette, la chaussette sous le lit, j’ai explosé ! Mais moi, je me demande : l’article dit que l’homme est ‘droit ou légèrement penché’ et qu’il ‘pénètre la femme’. Et si c’est l’inverse ? Si c’est elle qui guide, elle qui bouge ? Parce que mon homme, quand il est derrière, il panique, il sait plus où mettre ses mains. Alors c’est moi qui fais le travail. Du coup, c’est moi la ‘terre qui s’incline’ ou bien la ‘divinité qui reçoit’ ? Les moines ont pensé à ça ?

  11. Sœur Thérèse

    Célestine, t’as raison de poser la question. J’ai testé une variante une fois : moi à quatre pattes, lui derrière, sauf que j’avais mal au cou. Alors j’ai mis un coussin sous mon front. Très cosmique, le coussin à fleurs. Mais plus sérieusement, ce que j’aime dans cet article, c’est qu’il ose dire que ce n’est pas ‘bestial’. Parce qu’avec mon premier mari, c’était la seule position qu’il acceptait. Il disait que ‘les vrais hommes prennent par derrière’. Résultat : je me sentais comme une jument. Rien de sacré là-dedans, ma pauvre fille.

  12. Sœur Valentine

    Thérèse, ton premier mari avait l’air d’un beau spécimen… Moi, je trouve que l’article a raison sur un point : le regard change tout. Si on pense que c’est ‘bestial’, on se sent sale. Si on pense que c’est ‘cosmique’, on se sent puissante. La dernière fois, j’ai allumé une bougie, j’ai mis de la musique douce, et j’ai dit à mon homme : ‘Ce soir, on va faire une offrande à la terre et au ciel.’ Il a cru que je devenais folle. Mais au final, c’était plutôt réussi. La bougie a failli mettre le feu au rideau, mais le geste était là !

Leave a Reply to Sœur Célestine Cancel reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *