Sexualité Sacrée : Ce que c’est vraiment et d’où ça vient

Sexualité Sacrée : Ce que c’est vraiment et d’où ça vient

La sexualité sacrée. On entend ce terme partout aujourd’hui, mais personne n’explique vraiment ce que ça cache. Entre les stages à 800 euros et les posts Instagram bien léchés, on a perdu le sens profond. Je vais essayer de poser les choses simplement.

D’abord, de quoi on parle vraiment ?

À la base, c’est tout bête. C’est l’idée que le sexe, ça peut être plus qu’un moment de plaisir ou qu’un moyen de reproduction. C’est une énergie. La même qui fait pousser les arbres, qui fait tourner les saisons, qui fait battre ton cœur. Et nos ancêtres, eux, ils avaient intégré ça dans leur quotidien. C’était pas un truc à part. C’était pas sale. C’était pas non plus surexposé comme aujourd’hui. C’était juste… sacré. Au sens premier : relié au divin, au mystère de la vie.

Je vais te raconter un truc. Y a quelques années, je discutais avec un ami anthropologue qui avait passé du temps chez les Dogons, en Afrique de l’Ouest. Il me disait que pour eux, l’acte sexuel, c’est littéralement la visite des ancêtres dans le monde des vivants. Tu imagines ? Chaque fois que tu fais l’amour, tu ouvres une porte. C’est pas rien. Cette vision, elle change tout.

Maintenant, faisons un petit voyage dans le temps et dans les cultures. On va pas se prendre la tête avec des dates exactes, juste capter l’essence.

Le Tantra : pas ce que tu crois

Alors le Tantra, c’est le plus connu. Et le plus mal compris. Tout le monde imagine des positions acrobatiques et des orgasmes qui durent trois heures. La vérité est plus simple et plus profonde.

Le Tantra, à l’origine, c’est une philosophie indienne qui dit que le divin est partout. Dans la boue, dans la méditation, dans la cuisine, et oui, dans le sexe aussi. Donc au lieu de fuir le désir, on l’utilise comme un tremplin. L’énergie sexuelle devient un carburant pour la conscience.

J’ai expérimenté un truc tout bête une fois. Un exercice où tu restes avec ton partenaire, habillé, juste à respirer ensemble et à se regarder dans les yeux. Pas de musique, pas de bougies, pas de mise en scène. Juste le souffle et le regard. Au bout d’un moment, tu sens plus la limite entre toi et l’autre. C’est troublant. Et pourtant, personne n’a touché personne. Ça, c’est du Tantra. Le reste, c’est du marketing.

Le Taoïsme : l’art de ne pas gaspiller

Si on traverse en Chine, on trouve une autre approche, plus pragmatique. Les taoïstes, c’est des ingénieurs de l’énergie. Pour eux, le corps est une usine. Et l’énergie sexuelle, c’est le carburant le plus précieux, le plus concentré. Celui qui fait tourner la machine.

Alors ils ont développé des techniques pour ne pas gaspiller cette énergie. Pour la faire circuler dans le corps, l’emmener partout, nourrir tous les organes. C’est pas “retenir son sperme pour être costaud”, comme on l’entend parfois de façon caricaturale. C’est plus subtil. C’est apprendre à faire monter cette énergie le long de la colonne, ouvrir des portes intérieures, éclairer des zones endormies.

Un praticien chinois m’avait montré un exercice simple : pendant l’amour, tu restes attentif à ton souffle et tu imagines que l’énergie qui monte, au lieu de la laisser exploser, tu la guides doucement vers le sommet du crâne. Essaye juste une fois. Ça change tout.

Les cultes de la fertilité : quand la terre et le corps ne font qu’un

Encore plus ancien. On remonte à des millénaires. Avant les religions organisées, avant les livres sacrés, il y avait les cycles. Les cycles de la nature, des saisons, des récoltes.

Les gens voyaient que la terre, pour donner des fruits, il fallait la pénétrer, l’arroser, la chauffer. Comme un corps. Alors ils ont fait le lien. Partout dans le monde, on a célébré des rites de fertilité. Des danses, des processions, parfois des unions rituelles dans les champs.

Aujourd’hui, on regarde ça avec nos yeux modernes et on trouve ça bizarre, voire choquant. Mais c’est pas de la débauche. C’est de la participation. L’idée, c’est : “En faisant l’amour, je montre à la terre comment faire. Je l’invite à être fertile comme moi.” C’est une forme de magie, de connexion profonde avec le vivant.

Pourquoi on en parle tant aujourd’hui ?

Parce qu’on a tout perdu. La sexualité est devenue un produit. Une performance. Un truc qu’on consomme seul devant un écran ou qu’on standardise avec des positions apprises dans des guides. On a oublié que c’est d’abord une énergie, un mystère, une porte.

Le retour à la sexualité sacrée aujourd’hui, c’est pas un effet de mode. C’est une tentative de réenchanter quelque chose qu’on a trop désenchanté. De remettre de l’âme là où on n’a laissé que des corps et des écrans.

Par où commencer ?

Si tu veux explorer, pas besoin de stage hors de prix. Juste deux trois trucs simples :

Ralentis. C’est tout. La prochaine fois, prends ton temps. Beaucoup de temps. Respire. Regarde. Écoute le corps de l’autre, mais aussi le tien. Où passe l’énergie ? Où est-ce que ça bloque ? Où est-ce que ça chauffe ?

Avant même de toucher, tu peux passer dix minutes juste à être là, présent. Ça va te sembler bizarre au début, peut-être même gênant. Reste. La gêne, c’est juste la porte d’entrée.

Et souviens-toi : le sacré, c’est pas ailleurs. C’est pas dans des techniques compliquées ou des discours savants. C’est juste dans l’attention que tu mets. Dans le respect. Dans l’émerveillement que quelque chose d’aussi simple puisse être aussi puissant.

Après tout, si ça fait des millénaires que l’humanité explore cette question, c’est bien qu’il y a quelque chose à creuser. Non ?

5 Comments

  1. Sœur Bertille

    Ah ben on remet ça avec la sexualité sacrée ! Ma pauvre fille, j’ai l’impression de lire le programme de la kermesse paroissiale version très très spéciale. 800 euros le stage ? Pour ce prix-là, j’espère qu’ils offrent le petit-déjeuner au lit !

  2. Sœur Georgette

    Oh la coquine, elle insiste ! Moi je veux bien qu’on m’explique le sens profond, mais si c’est pour finir avec des posts Instagram de gens tout nus avec des auréoles, je passe mon tour. Je préfère encore le catéchisme aux chandelles, au moins on garde nos habits !

  3. Sœur Marie-Thérèse

    Georgette, tu me fais rire ! Mais l’auteur dit que c’est ‘tout bête’ à la base. Alors pourquoi on en fait tout un fromage ? Moi je pense que le problème, c’est qu’on a tellement spiritualisé le truc qu’on ne sait plus ce qui est sacré et ce qui est un prétexte pour vendre des bougies parfumées à 50 euros.

  4. Sœur Amandine

    Moi je dis : laissez-les faire leurs stages et leurs posts Instagram. Nous, on a notre petite chapelle, nos prières, et nos conversations entre sœurs. C’est pas 800 euros qui nous feront changer d’avis sur ce qui est vraiment sacré. Et puis, entre nous, j’ai essayé de méditer sur ce sujet, mais j’ai fini par m’endormir. Trop compliqué tout ça !

  5. Sœur Bernadette

    Simone, tais-toi, tu vas nous faire faire des cauchemars ! Moi ce qui m’embête, c’est que les vrais mystiques, ils ne faisaient pas tout ce cirque. Ils vivaient leur foi simplement. Alors la sexualité sacrée, si c’est pour la vivre simplement, pourquoi pas. Mais si c’est pour en faire un business… ma pauvre fille, c’est le monde à l’envers.

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