Ou pourquoi le “deuxième point G” masculin est peut-être la clé qu’on a cachée
D’abord, un constat qui trouble
On a des symboles pour tout. Le cœur pour l’amour. Le troisième œil pour la vision intérieure. La pomme de pin pour la glande pinéale. Le lotus pour les chakras. Le serpent pour la kundalini.
Et la prostate ?
On en parle peu. Mais quand on en parle, c’est déjà énorme.
Parce que dans les traditions qui osent toucher le corps masculin en profondeur, la prostate apparaît. Pas comme un symbole à sculpter. Comme un POINT. Un point d’entrée. Un point d’éveil. Un point sacré.
Le Taoïsme : le “point du million d’or”
(Je feuillette mes notes)
Dans la tradition taoïste, très précise sur l’énergie sexuelle, on trouve des mentions d’un point précis à l’intérieur du corps masculin.
Le “point du million d’or” (parfois traduit par “point des mille gold”). C’est un point d’acupression situé à l’intérieur de l’anus, à environ 3-5 cm, vers l’avant. Exactement là où se trouve la prostate.
Les taoïstes l’utilisent dans leurs pratiques de rétention d’énergie. En pressant ce point pendant l’orgasme, ils peuvent empêcher l’éjaculation et faire remonter l’énergie sexuelle le long de la colonne vertébrale. C’est ce qu’ils appellent “ouvrir la porte du dragon”.
Un maître taoïste m’a expliqué :
“Le point du million d’or, c’est la porte de derrière du palais. Par elle, l’énergie peut sortir et se perdre, ou bien entrer et monter. Tout est dans la conscience de celui qui touche.”
Point énergétique. Oui. Mais point sacré, aussi.
Parce que dans le Taoïsme, l’énergie (le chi) qui circule là, c’est la même que celle qui fait pousser les plantes, tourner les planètes, vivre les humains. La toucher avec conscience, c’est toucher au fondement de la vie.
Le Tantra : le “point de lune” et l’énergie dormante
(Je tourne une page)
Dans le Tantra, on trouve des mentions plus explicites encore.
Certains textes parlent d’un “point de lune” chez l’homme, situé dans le bassin profond. Un point où l’énergie peut stagner ou, au contraire, s’éveiller. Quand elle est éveillée, disent les textes, elle peut monter jusqu’au sommet du crâne et apporter des visions, des extases, des états modifiés de conscience.
D’autres traditions tantriques mentionnent un “point de l’énergie dormante” chez l’homme, symétrique au point G féminin. Comme lui, c’est un point qui, stimulé avec conscience, peut déclencher des orgasmes plus profonds, plus longs, plus “totaux” que l’orgasme classique.
Un texte tantrique dit :
“Il y a dans le corps de l’homme un point caché que seule la femme qui aime peut toucher. Par lui, l’homme peut mourir et renaître.”
“Mourir et renaître” : l’orgasme comme petite mort, oui. Mais aussi la mort de l’ego, la renaissance spirituelle. La prostate comme portail.
Point de lune. Point d’énergie dormante. Deux noms pour une même réalité : un point sacré dans le corps masculin.
Ce que les textes ne disent pas (mais qu’on peut deviner)
(Je marque un temps)
Les textes anciens sont souvent allusifs. Ils parlent par métaphores. Parce que certains savoirs étaient réservés aux initiés. Parce que certaines pratiques étaient trop intimes pour être écrites. Parce que le corps, surtout dans ses parties “basses”, faisait peur.
Mais on peut lire entre les lignes.
Quand un texte taoïste dit “ferme la porte de derrière pour que l’énergie ne s’échappe pas”, il parle de contracter le périnée. Mais contracter, c’est aussi la possibilité de relâcher. Et relâcher, c’est laisser entrer.
Quand un texte tantrique dit “la femme qui aime peut toucher le point caché de l’homme”, il parle de massage prostatique. De pénétration sacrée. De réceptivité masculine.
Ce n’est pas écrit. C’est suggéré. Mais c’est là.
Pourquoi si peu de mentions ?
(Je réfléchis à voix haute)
1. C’est un point interne
Les textes anciens décrivent ce qu’on voit. Le sexe, oui. Les organes externes, oui. Mais l’intérieur du corps, c’est le domaine des médecins, pas des prêtres. Pourtant, l’énergie circule à l’intérieur. Et les taoïstes, eux, cartographiaient l’intérieur.
2. C’est lié à l’anus
Et l’anus, dans presque toutes les cultures, est associé à l’impur. À ce qui sort. Parler de ce point, c’était risquer la confusion. Alors on parlait de “porte de derrière”, de “point caché”, de “lieu secret”.
3. C’est lié à l’homosexualité masculine
La stimulation prostatique, dans l’imaginaire collectif, est associée aux pratiques homosexuelles. Et beaucoup de traditions ont eu des périodes de répression. Ce qui était connu a pu être caché, détruit, ou simplement tu.
4. Le masculin traditionnel ne se pense pas “pénétré”
Dans la construction classique du masculin, l’homme est celui qui pénètre, pas celui qui est pénétré. La prostate, point de plaisir par la pénétration, menace cette image. Alors on n’en parle pas. On l’oublie. On fait comme si elle n’existait pas.
Mais les taoïstes et les tantriques, eux, n’oubliaient pas. Ils savaient. Et ils ont laissé des indices.
Témoignage (parce que c’est important)
(Je retrouve un message ancien)
Un homme, la cinquantaine, m’a écrit il y a deux ans. Il raconte :
“J’ai toujours été attiré par le Taoïsme. Les textes sur l’énergie, la circulation du chi, tout ça. Mais je comprenais pas concrètement.
Un jour, un ami m’a parlé du massage prostatique. Pas pour le plaisir, pour l’éveil. J’ai testé. Seul, avec un petit objet, en suivant les principes taoïstes : respiration, intention, lenteur.
La première fois que j’ai senti l’énergie monter le long de ma colonne… j’ai compris ce que les textes voulaient dire. C’était pas un orgasme. C’était pas un frisson. C’était comme si tout mon corps devenait un conduit pour quelque chose de plus grand.
Maintenant, je comprends pourquoi ils appelaient ça le ‘point du million d’or’. Parce que ça ouvre un trésor.”
Le parallèle avec le féminin
(Je note rapidement)
Ce qui est intéressant, c’est que le point G féminin, lui, a été théorisé, nommé, exploré. Pas par les religions, plutôt par la sexologie moderne. Mais il a un nom. Une existence.
Le point P masculin (prostate) n’a même pas ça. Point P, c’est médical. Pas sacré.
Pourtant, dans le corps, ils se répondent.
- Le point G, antérieur, accessible par le vagin.
- La prostate, postérieure, accessible par l’anus.
- Deux points. Deux portes. Deux chemins vers l’extase.
Un texte tantrique dit :
“L’homme et la femme sont deux moitiés d’un même cercle. Ce qui est devant chez l’une est derrière chez l’autre. Et inversement.”
La prostate, c’est le point G de l’homme. Mais par derrière. Et c’est peut-être pour ça qu’elle a été cachée. Parce qu’elle oblige l’homme à s’ouvrir par là où il ne veut pas.
Ce que la prostate nous apprend
(Je repose mon carnet)
La prostate, dans les traditions qui en parlent (un peu, de biais, en cachette), nous apprend quelque chose sur le masculin sacré.
1. L’homme a aussi un point de réceptivité
Le masculin n’est pas que pénétrant, actif, dominant. Il est aussi pénétré, réceptif, ouvert. La prostate est là pour le rappeler. Et pour offrir un chemin vers cette part souvent ignorée.
2. L’énergie peut monter d’en bas
Le troisième œil, en haut, c’est la clarté, la vision. La prostate, en bas, c’est la racine, la fondation. L’énergie qui monte de là est plus viscérale, plus organique, plus liée à la vie brute. Pas plus “basse”. Plus profonde.
3. Le sacré passe aussi par l’invisible
La prostate ne se voit pas. Elle se sent. Elle se touche. Elle s’éveille de l’intérieur. Elle nous apprend que le sacré, parfois, n’a pas besoin de symbole visible. Il a besoin d’expérience intérieure.
Pour finir
(Je regarde par la fenêtre)
Alors oui, la prostate n’a pas de pomme de pin, de lotus, de troisième œil dans l’iconographie religieuse.
Mais elle a le “point du million d’or” des taoïstes.
Elle a le “point de lune” des tantriques.
Elle a des textes qui parlent d’elle sans la nommer.
Elle a des pratiques qui la touchent sans la montrer.
C’est un point sacré. Caché, mais sacré.
Et peut-être que le symbole, finalement, c’est ça : un point invisible mais puissant. Une porte dérobée vers l’extase. Un trésor dans une grotte.
Pas besoin de sculpture. Pas besoin de dessin.
Le corps sait. Et ceux qui osent explorer le savent aussi.
Amen. AOM. Et que ton point caché s’ouvre si c’est son heure.


Oh la coquine, cette Clotilde ! Plus sérieusement, l’article dit que c’est la clé cachée… J’ai demandé à mon époux, il a dit que la seule clé qu’il connaît, c’est celle de la cave. Les hommes, je vous jure…
J’étais à l’adoration quand j’ai lu ça, j’ai failli m’étouffer avec le corps du Christ. Mais dites, vous croyez que c’est pour ça que les hommes aiment tant le vélo ? Pour stimuler leur ‘lotus caché’ ?
Gertrude, arrête, tu vas nous faire pleurer de rire ! Mon cousin est cycliste, je vais lui demander s’il a atteint l’illumination spirituelle en montant la côte de la Croix-Rousse.
Moi, je relirai ça ce soir au chapelet. ‘Je vous salue, pleine de grâce, le deuxième point G est avec vous…’ Non décidément, ça passe pas. Allez, je vais me coucher !